L’expérience des dernières pandémies.

Tout d’abord, revenons sur le terme « pandémie ». Contrairement à une « épidémie » qui ne touche qu’une région ou un pays, une « pandémie » touche le monde entier. C’est pourquoi l’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé le 11mars dernier qu’il fallait désormais affronter une pandémie de coronavirus car la barre des 100 pays infectés dans toutes les zones du globe venait d’être dépassée.

La « grippe espagnole », dernière grande pandémie en 1918 :

En 1918, le premier conflit mondial se termine, une terrible épidémie de grippe touche toute l’Europe. Sa prolifération est fulgurante parce que, d’une part, elle touche des populations européennes très affaiblies par le conflit, ayant été soumises aux frustrations, aux affres de la famine et, d’autre part, parce que les populations n’ont pas connaissance des mesures d’hygiène élémentaire et de précaution incontournables appliquées aujourd’hui : distanciation sociale, confinement, lavage des mains. 

Pourquoi le nom de grippe espagnole ? 

Utilisé par la presse française, ce nom vient du fait que les informations relatives à l’épidémie, censurées par les états alliés, furent librement publiées par la presse de l’Espagne, pays resté neutre pendant le conflit. Les rapports sanitaires des pays belligérants reflétaient plutôt une triste réalité: pour des raisons diverses (censures militaires, raison d’état), ils tardèrent à prendre en compte, ou occultèrent totalement la pandémie.

Cette épidémie est apparue avant 1917 aux États Unis, mais en fait elle avait été importée de Chine par des travailleurs immigrés infectés. En Europe, l’arrivée de l’épidémie fut le fait de jeunes recrues américaines porteuses du virus venues  en renfort contre les troupes de la Triple Alliance.

En Europe occidentale, en 1918 l’attaque virale fit deux millions et demi de victimes. Cependant, le souvenir de la pandémie n’est pas resté très présent, en raison du terrible choc traumatique de la Première Guerre mondiale, largement commémoré dans les décennies suivantes, ce qui va quasiment emplir la mémoire collective au détriment du souvenir de cette terrible pandémie. 

Au niveau mondial, des études récentes parlent de 3 à 5% de la population mondiale, soient une estimation de plus de cent millions de morts.  Cette grippe eut un taux de mortalité anormalement élevé dans la tranche des vingt à quarante ans, habituellement la moins touchée, et avec un pic chez les trentenaires qui représentaient 50% des décès. (1)

Polémique autour du confinement 

A l’examen des polémiques actuelles concernant « l’arbitraire » du confinement, et la privation de liberté qu’imposent les autorités, rappelons que la distanciation sociale comme moyen de lutte contre les épidémies fut instaurée au 16ème siècle par le « père de la chirurgie », Ambroise Paré, qui fit fermer à Paris tous les établissements publics de bains et étuves pour éviter la promiscuité, cause de contamination, afin de lutter contre les fréquents regains de la peste, manifestation de « l’ire de Dieu », disait-on.

Revenons début 2020, à Prato, à vingt kilomètres au Nord de Florence, grand centre de l’industrie textile, où vit une communauté chinoise de 60 000 personnes. Fin janvier, quelques milliers d’entre eux sont partis fêter le Nouvel An chinois mais, dès le 10 février, à leur retour, les dirigeants de la communauté leur imposaient un isolement draconien de deux semaines en même temps qu’ils appliquaient un confinement sévère à tous leurs ressortissants. Cela presque un mois avant que le gouvernement ne le décide pour l’Italie.

Le fait est que la ville de Prato, en avril 2020, comptait moins de 30 cas avérés et un seul mort (2).

Il est vrai que n’existaient pas, au 16ème siècle, nos incontournables « réseaux sociaux » qui altèrent l’information impartiale et honnête. Dommage que le merveilleux outil de communication que représente Internet soit devenu le véhicule de la désinformation, de la diatribe et de l’appauvrissement de notre langue(3).

Reprenons humblement du recul et tentons de retrouver nos facultés à raisonner.

François Lenglet 09/2020

Source:

Conférence de Gérard Saccocini/ Tourettes

Notes:

(1)travaux du Pr Julien Besançon : Les jours de l’homme ; Ed. Vigot 1951.

(2) enquête du journal Le Point

(3) Fake news, twitter, liker, podcaster sont des termes franglais que beaucoup de pays de la francophonie, comme le Québec, refusent.

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