Nos ancêtres « Lenglet» dans la région du Cambrésis au XVIIIe siècle. Les excès de la monarchie, de l’église conduisent à la révolution.(3)

La fin du XVIIe siècle a été marquée par le retour du Cambrésis au sein du Royaume de France à la suite du traité de Nimègue signé en 1678 entre la France et l’Espagne.

 Comment nos ancêtres ont vécu ce retour à la France? De nouvelles archives vont nous conduire sur leurs traces et nous montrer qu’ils ont surtout  subi la guerre, les excès de la monarchie française, de l’église et finalement adhéré aux idées qui allaient entrainer le pays vers la révolution.

Le retour difficile du Cambrésis au sein du royaume de France

Voici comment l’écrivain Jean Le Carpentier décrivait le Cambrésis vers 1660 :

1660 Paysage du Cambrésis

 Le Cambrésis qui puise son nom de sa Capitale nommée Cambray, est une des  bonnes Provinces, que l’on voit sur les frontières de France, fournie de toutes les choses nécessaires à la vie humaine: où les plaines sont riches de moissons, le pendant des collines jadis couvert de vignes, les pâturages sont des bonnes chairs, où les forêts donnent les cerfs, les sangliers, les lièvres et autres gibiers en abondance; où les rivières et les étangs nourrissent de bons poissons, et quantité d’oiseaux sauvages; où les jardins portent de très-bons fruits pour les tables; où les moutons sont vêtus de laines très fines, dont les habitants font un grand trafic; où les chevaux y font de très bons services, même pour la guerre…Les sources merveilleuses d’eau douce proches les unes des autres apportent aux peuples et aux passagers un grand plaisir et soulagement. La Terre semble avoir accordé à l’homme ses faveurs, lui produisant du lin dont les habitants font des Toiles plus minces et déliées que le travail des araignées, connues de toutes les Nations sous le nom de Toilles de Cambray.

Mais dans ce cadre de vie apparemment idyllique,nos ancêtres aimaient-ils vraiment ce retour à la France ? Les plus anciens d’entre eux n’avaient pas oublié les exactions répétées des soldats français et en particulier celles du Comte d’Harcourt qui en 1649 après avoir été repoussés par les Espagnols  au siège de Cambrai, se retirèrent « …à Crèvecœur, Esne,  Walincourt et autres villages, bruslants censes, châteaux, villaiges et abbaïes, faisants des ravages et plaiges par tout le païs de Cambrésis »

Autre point bien surprenant : comment  la noble famille de Nemours put pendant encore un siècle être à la fois  fidèle au royaume d’Espagne et rester seigneur de Walincourt donc de Clary qui pourtant appartenait désormais au royaume de France? On peut citer: Guillaume IV de Melun qui sera à la fois Seigneur de Walincourt et de Clary  de 1690 à 1714 et Lieutenant Général des Armées du roi d’Espagne  avec les titres de « Grand d’Espagne de 1ière classe, Vice-roi de Galice et de Catalogne ». Puis la Marquise de Risbourg qui lui succèdera portera également le titre de « Grande d’Espagne de 1ière classe »

Enfin, les nombreux mulquiniers qui bénéficiaient d’une renommée mondiale avec leurs fines toiles de batiste étant maintenant séparés des Pays Bas Espagnol virent disparaître une grande partie de leurs débouchés et  subirent une baisse importante de leur activité.

C’est probablement parce que Louis XIV n’a pas oublié que sa mère Anne d’Autriche était, en fait, infante d’Espagne et surtout, comme nous allons le voir, qu’il espère regrouper les Royaumes de France et d’Espagne sous une seule couronne.

Les excès de la monarchie révoltent le monde rural.

Les guerres meurtrières.

 La signature du traité de Nimègue en 1678 qui restitue à la France la Franche-Comté et le Cambrésis vaudra au Roi de France son surnom de Louis le Grand mais la paix qui suivra sera de courte durée.

Le 1er novembre 1700, le roi d’Espagne Charles II meurt sans descendance. Il avait rédigé son testament en faveur de Philippe, duc d’Anjou qui n’était autre que  le petit-fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse. Le 16 novembre 1700, Louis XIV présente à la cour de France, Philippe, duc d’Anjou par ces mots: « Messieurs, voici le roi d’Espagne » et il n’hésite pas à le considérer  également comme son successeur sur le trône de France. L’Europe se sent alors menacée par l’annonce de l’alliance dynastique de la France et de l’Espagne et c’est ainsi que dès 1701, s’ouvre «la guerre la plus désolante qui s’est vue depuis plusieurs siècles ». Cette guerre oppose la France à la « grande alliance » de La Haye qui réunit l’Angleterre, les Provinces-Unies, le Saint Empire romain germanique, le Portugal et la Savoie

Les Pays-Bas espagnols seront le principal théâtre de cette guerre. Le petit-fils de Louis XIV, par les hasards de la succession d’Espagne, est devenu le souverain de ces Pays-Bas tant convoités. Louis XIV, conseillé par le célèbre Vauban, se considère alors en pays conquis et fait entrer les  troupes françaises derrière les remparts de la  » Barrière »: Namur, Tournai, Ypres, Mons  pour remplacer les garnisons hollandaises.Très vite l’armée française va se trouver confrontée aux troupes des États européens coalisés.

Les armées des États européens conduites par deux généraux  exceptionnels, le prince Eugène de Savoie et l’Anglais Malbrouck (celui de la chanson « Malbrouck s’en va en guerre… » et ancêtre de Winston Churchill) remportent d’éclatantes victoires sur les Français, notamment à Ramillies près de Namur. En 1708, la frontière nord de la France  est franchie: la ville de Lille puis celle de Tournai tombent dans les mains de la « grande alliance ».

1709 Bataille de Malplaquet , Duke Malbrouck

L’armée française commandée  par le maréchal Villars se bat héroïquement  à Malplaquet le 11 septembre 1709. A l’issue de cette bataille sanglante et longtemps indécise, les forces en présence sont épuisées : l’armée ennemi ( la grande alliance) a perdu plus de 21 000 soldats et les français 6 000. En outre, l’hiver précédent a été un des plus froids du siècle: le 5 janvier 1709, une chute exceptionnelle des températures a entraîné le gel  des semis. La Somme, la Seine et la Garonne ont été prises dans les glaces, même le vieux port de Marseille a été gelé. Le dégel est suivi de précipitations record qui  achèveront de ruiner les récoltes. La famine sera inévitable et tuera plus de 600 000 français. Cet hiver restera dans les mémoires sous le nom de « Grand Hyver ». La guerre, les dépenses somptueuses du roi pour construire le Château de Versailles ont ruiné la France. Le roi en appelle à la nation, lance une souscription et forme une nouvelle armée.

1714 Guerre de succession d’Espagne

Cette carte montre que pendant près de 15 ans, le nord du Cambrésis fut le théâtre d’une guerre incessante mais que Cambrai comme Clary semblent être restés en dehors des champs de bataille. En fait, si les villes restaient protégées derrière leurs fortifications, les campagnes souffraient des exactions des troupes qui y campaient. Ainsi, après la bataille de Malplaquet en 1709, toute la région dut  soigner une foule de soldats blessés, malades et affamés.

En 1711, les armées alliées (Anglais, Hollandais, Allemands, Portugais) campaient dans les régions de Le Cateau et de Landrecies. Ces soldats répandaient l’effroi dans tous les villages par leur cruauté, leurs rapines et leur ardeur à détruire. Le sommet de l’horreur fut atteint à Maretz, village voisin de Clary : dans la nuit du 14 au 15 juillet 1712, les soldats anglais du général Milor Duc d’Ormont, se ruèrent vers le village en poussant des hurlements semblables à ceux des hordes barbares d’antan. Les villageois réfugiés dans le cimetière, endroit considéré comme un asile inviolable, y furent en partie massacrés et ,en dernier recours, ils se précipitèrent dans l’église. Mais, les Anglais, sans hésiter un seul instant, y mirent le feu et, hurlant comme des bêtes féroces, sautant et dansant autour du clocher, assistèrent aux contorsions et aux cris de douleur des villageois enveloppés par les flammes, écrasés sous les ruines. Nullement rassasiés de sang et de ce carnage, les Anglais se répandirent ensuite dans toutes les rues de Maretz  en massacrant et brûlant tout ce qui tombait sous leur main. Le bilan fut terrible : outre l’église, 148 maisons furent détruites et surtout 339 personnes furent massacrées ou brulées vives. Le lendemain, les officiers anglais, découvrant les exactions de leurs soldats, ne purent retenir leurs larmes et s’empressèrent de faire venir de leur campement du Cateau des fournées de pain et des habits destinés aux quelques survivants. Leur général Milor Duc d’Ormont offrit 500 pistoles pour reconstruire la paroisse.

1712 Bataille de Denain Maréchal Villars

Ce carnage créa une véritable panique dans la région: les paysans de Clary profitèrent des nombreuses caves et  puits du village pour cacher leurs quelques biens et leurs animaux, et des guetteurs furent placés au sommet des clochers. Alerté par l’Archevêque de Cambrai, « notre bon Roy Louis XIV, sur le bruit que fit dans le monde un si grand malheur, exempta d’impôts, passés et à venir, les habitants de Maretz jusqu’en 1716 »

Le village de Troisvilles ne fut pas épargné. Voici comment l’Abbé Moyal décrit le passage des troupes ennemies. « Les grains, les bestiaux et les chevaux, les vêtements et les meubles des habitants, aussi bien des plus riches que des plus pauvres, avaient été enlevés par les gens de guerre ; des maraudeurs avaient poursuivi et tué des habitants; des maisons avaient été détruites; les personnes couchaient sur la paille; il était impossible de cultiver les champs »

Le 24 juillet 1712, quelques jours après ce carnage, l’armée française commandée par le Maréchal Villars va redresser la situation, remporter la victoire de Denain sur le prince Eugène,  et va chasser définitivement les ennemis du territoire français. Le Cambrésis put enfin respirer. Préservée in extremis de l’invasion, la France put négocier la paix de façon honorable: le Congrès d’Utrecht signé en 1716 interdira le regroupement des couronnes de France et d’Espagne mais permettra d’arrêter le conflit et de figer les frontières nord du pays. Jusqu’à la révolution, le Cambrésis ne sera plus le théâtre de nouveaux champs de bataille.

Malheureusement, il n’échappera pas à la pression fiscale que la monarchie va lui imposer tout le long du siècle pour financer les guerres, en particulier la guerre de succession d’Autriche puis la guerre de sept ans.

L’hydre fiscale 

La capitation et le vingtième.

L’Hydre Fiscal

La capitation est instaurée en 1694 sous le règne du roi Louis XIV pour faire face aux dépenses militaires. Elle est en principe établie à titre provisoire, le temps de rembourser les dépenses exceptionnelles. Cet impôt personnel frappait tous les citoyens du royaume et était donc censé toucher les trois ordres: le clergé, la noblesse et le tiers état.

La capitation se calculait comme l’impôt traditionnel, la taille : chaque chef de famille se trouvait taxé pour son feu, pour la quantité de terre qu’il occupait et pour les bestiaux qu’il élevait. Elle était évaluée par les collecteurs d’après l’aisance extérieure ou présumée du contribuable

Le vingtième, ainsi appelé parce qu’il représentait le vingtième du revenu, était un impôt établi sur tous les types de revenus et était censé atteindre tout le monde. Il apparu en mai 1749. Puis une déclaration du 7 juillet 1756 y ajouta un second vingtième et celle du mois de février 1760 un troisième, retranché en 1764, rétabli en 1783 et enfin supprimé en 1786. Bref, ce type de gestion ne pouvait que créer de vives contestations.

Revenons à la capitation : cet impôt provisoire devint rapidement de fait définitif et fut même augmenté en 1705 puis en 1747, il se révéla très inégalement réparti.

Cet impôt était perçu par le collecteur, une personne désignée dans le village. Le collecteur n’avait pas une mission facile: il était pressé par les receveurs généraux des finances, qui le contraignaient à payer des contributions qu’il ne pouvait parvenir lui-même à faire acquitter par les redevables. Il s’établissait d’ailleurs naturellement, entre les contribuables et le collecteur une sorte de guerre qui aboutissait souvent à la ruine de ce dernier.

Initialement imposée aux trois ordres, la capitation devint rapidement un supplément qui ne frappait pratiquement que ceux qui payaient déjà la taille. Le clergé qui n’était pas sans ressources, racheta sa contribution à la capitation à titre définitif en1710 moyennant une somme de 24 millions. La noblesse obtenait le plus souvent des décharges ou des réductions et les collecteurs ne mettaient pas beaucoup d’énergie pour recouvrer leurs cotes. Ainsi, les privilèges et les exemptions dont jouissaient certains rendaient la contribution si onéreuse pour les autres, que la perception à proprement parler était une véritable exécution sur le contribuable. Dans un système ainsi biaisé, la capitation devint l’objet de nombreuses contestations.

Voici, par exemple, comment la contestation de la capitation fut exprimée par certains habitants de Troisvilles en 1778 puis réprimée.

« Lettre du 20 Mars 1778: A nos Seigneurs, nos Desputés ordinaires des Etats du Comté de Cambray et de Cambrésis. Les lieutenants, lieutenants-mayeur et échevins de la terre et seigneurie de Troisvilles, en Cambrésis, joint à eux les collecteurs, ont l’honneur de vous représenter très humblement, nos seigneurs, que les principaux  possesseurs…, refusent de payer la taxe de capitation qui leur est imposée…. puisque la capitation imposée en règle, doit se percevoir, suivant les biens, facultés, état, à la teste, à la beste, à la mencaudée et au beau visage…. Ils ont l’honneur de vous observer, nos seigneurs, que si les riches se refusent de payer, ils ne pourront satisfaire aux demandes auxquelles vous avez  crues les devoir imposer…. Si nos seigneurs n’ont pas la bonté d’y mettre ordre, les échevins préféreront de remercier plutôt que de blesser ou d’intéresser leurs consciences…. Si nos seigneurs n’ont la bonté d’y interposer leurs authorités, en ordonnant que la répartition pour la taxe de capitation soit faite à la teste, à la beste, à la mencaudée et au beau visage, suivant droit…pour qu’ils puissent les tirer du malheureux labirinte et de l’embarras où ils se trouvent plongés… »  Implorants, etc. _ P J WATREMEZ, lieutenant. BAYARD – G. J. GAUVET.B. Joseph Devine Frédérique de LOFFRE, Denis Cardon, Pierre François Oblin »

Remarquons que l’expression « il faut que la répartition de la taxe de capitation soit faite à la teste, à la beste, à la mencaudée et au beau visage » est répétée plusieurs fois. Elle signifie que cette taxe devrait être  calculée en fonction de la composition de la famille, du nombre de bêtes élevées, de la surface cultivée et du « beau visage » c’est-à-dire de l’apparence extérieure de la fortune.

Réponse datée du 28 Mars 1778:  » les « refusans … sont invités à comparaître  samedy prochain… pour y déduire les motifs de leurs refus et être par Nous ordonné ce que de droit  Fait et ordonné en notre assemblée ordinaire, le 28 Mars 1778. Par ordonnance,      F. BOULENGER. »

A cette requête, se trouve joint le mémoire suivant:

 » Observations à faire à Mrs les Députés ordinaires des Etats de Cambray et du Cambrésis contre la nouvelle requête présentée aux Etats par les lieutenants mayeurs et échevins de la seigneurie d’Euvillers  en Troisvilles concernant l’imposition de la capitation: cette requête, d’abord, contient deux ou trois faux  exposés. Elle fait paraitre comme si c’estoit l’usage dans Troisvilles d’assoir la capitation à la tette, à la bette,à la mencaudée, c’est ce qui est absolument faux, par ce que de tous temps immémorial elle a toujours été assise en cette paroisse au beau visage: cela est de notoriété publique……… ….Il est encore apparent que les échevins d’Euvillers veulent par cette requête obtenir de surcharger les fermiers pour donner qu’une très légère taxe aux autres ménagers, dans le nombre desquels il se trouve plusieurs commerçants et fabricants de toilettes qui sont plus aisés qu’un grand nombre de fermiers. En outre, il est bien connu que Messieurs les Députés ordinaires des Etats ont toujours jusqu’à présent laissé et même décidé que chaque paroisse, dans la manière de faire leurs impositions de la Capitation suivraient les anciens usages.. De sorte réfléchissant sur cette requête ces échevins d’Euvillers veulent surprendre la religion de Messieurs les Députez ordinaires par les faux exposés qu’ils ont la témérité et l’impertinence d’y placer. Tous ce qui est contenu dans ces observations, je le certifie véritable. A Troisvilles, ce trois d’avril 1778. signé : De la Torre Butron, baron de Remy. »

Ce mémoire écrit par le dernier Seigneur du Fayt, représentant la noblesse aux Etats du Comté de Cambray nous montre l’état déplorable des relations entre la noblesse et le monde rural. Dans la manière de percevoir les impôts, la justice et l’équité n’était pas toujours gardées. Ainsi à Troisvilles, la capitation était de tout temps attribuée uniquement « au beau visage » (nous dirions aujourd’hui « à la tête du client »). Enfin, les fermiers étaient loin de représenter la majorité des gens de loys.

Le moulin banal :

Un autre impôt hérité du Moyen Age était fortement contesté: cet impôt était imposé par le Seigneur, propriétaire du moulin banal.

A partir d’un bail de 1751 et des témoignages transmis par Henri de Montigny, nous allons retrouver un Langlet meunier de profession et surtout que régnait un vent de révolte à Clary du monde  paysan à l’encontre du seigneur de Walincourt, propriétaire d’un moulin banal.

3 juillet 1751, Bail à Théodore Joseph Langlet  (Moulin de Clary) Pardevant le notaire royal de la ville de Cambray  … comparut personnellement le Sr Hubert le Roy, licentié es loix intendant et chargé de la recette des terres et seigneurie de Walincourt, Clary lequel recognut d’avoir cejourd’huy baillié, octroyé et accordé à titre de bail à Théodor Joseph Langlet meusnier demeurant à Cattegnière icy présent … promettant tenir audit tiltre soub les charges et conditions cy-après tout le moulin de bois bannal dudit Clary avec le terrain et ce quy en dépend …, pour par luy en jouir et proficter le temps, terme et espace de neuf ans consécutif … en rendre et payer audit bailleur en sa ditte qualité le nombre et quantité de cent et soixante mencaux de bled de mouture tel que ledit moulin gagnera … payable de trois mois en trois mois…pendant… lesdits neuf ans durant, sera ledit preneur tenu et obligé de bien et deuement entretenir ledit moulin de touts manquements quy pouront y arriver …il  sera de plus tenu de descharger et acquitter ledit moulin de touttes tailles, gabelles, subsides et autres impositions quelconcques mises et à mettre sans diminution dudit rendage … l’instant est aussy personnellement comparu Raphael Langlet marchand de mouton demeurant à Haucourt Cambrésis, lequel de son bon gré s’est constitué caution pour touts les rendages et autres conditions repris au présent bail. Ce fut ainsy faict et passé audit Walincourt pardevant ledit notaire soussigné…

XIXe siècle Moulin LENGLET dit Moulin de la Louvière Bertry

Ce bail évoque une nouvelle imposition à acquitter à l’époque: celle liée au « moulin banal » :  Depuis le moyen âge, le seigneur de Clary prétendant être le seul à avoir les moyens de faire bâtir les moulins à farine, les faisait construire à la seule condition que chaque paysan du village soit contraint à moudre son blé dans son moulin et lui laisse une quantité déterminée de farine.

C’est ce que l’on appelait un moulin banal et c’est un moulin de ce type que Théodore Langlet venait de louer en 1751. Mais fit-il fortune en devenant meunier du moulin de Clary ?

Voici ce que raconte Henri de Montigny: Le 5 juin 1753, un garde du seigneur, nommé Claude Leduc et le prévôt des gardes de Walincourt, Antoine Lelong saisissent un sac de farine que portait la fille Hennino de Clary car son blé n’a pas été moulu au moulin banal. La contrevenante fait d’abord résistance puis reconnaissant  l’inutilité de ses efforts, elle abandonne son sac et court  au village en criant « au secours, au secours, à l’aide « 

Les gardes demandent au meunier un cheval pour transporter à Walincourt le corps du délit, mais, tandis qu’ils quittent le village, ils entendent sonner le tocsin, comme si un incendie avait éclaté et, bientôt, une multitude d’hommes et de femmes se précipitent hors de Clary, franchissant haies, fossés et clôtures pour couper la retraite aux deux gardes qui se voient vite rejoints et entourés. Interrogés sur le motif qui les avait portés à saisir la farine de la jeune Hennino, les gardes répondirent que c’était pour se conformer aux ordres de Monsieur de la Woestine, seigneur du lieu. Les plus hardis protestataires répliquèrent qu’ils venaient au nom de la communauté de Clary, réclamer cette farine indûment saisie et, joignant l’action aux paroles, l’un d’eux tira le sac à bas du cheval ; d’autres s’en emparèrent, sans que les gardes y missent obstacle, s’estimant trop heureux de sortir vivants des mains de cette « foule furieuse ».

Cette révolte ne fut pas sans conséquence: bien que les gardes du seigneur soient sortis indemnes de l’incident, la communauté clarysienne sera condamnée à une amende de 1000 florins « pour assemblée tumultueuse». La contestation de la communauté de Clary va se prolonger pendant 10 ans. Le  mayeur et les échevins de Clary vont mettre des années pour répartir puis faire payer cette somme importante.La condamnation précisait qu’elle pénalisait une « assemblée tumultueuse » mais que le paiement de l’amende ne préjudiciait pas à la liberté des habitants de faire moudre leur blé où bon leur semble sans être astreints à  la banalité réclamée par Monsieur de la Woestine, seigneur de Clary.

A chaque paiement partiel de cette amende, les habitants de Clary précisaient  « qu’ils n’entendaient pas, par ce paiement, préjudicier dans les droits qu’ils avaient de s’opposer à la prétendue banalité ». Désirant mettre fin aux prétentions du  seigneur, la Communauté intenta un procès au Marquis devant son propre bailliage de Walincourt. Après dix années de formalités et incidents de toute espèce, elle obtint enfin gain de cause. Le 26 novembre 1763 « les hommes de fief au conjurement de Monsieur le Bailli, faisaient droit, déclarèrent le moulin de Clary non banal, et les habitants libres de faire moudre leurs blés où ils jugeraient convenable et d’en faire ramener la farine chez eux ».

Quand à Théodore Joseph Langlet, on peut facilement imaginer qu’il souffrit de relations difficiles avec les paysans de Clary et eut du mal à faire fortune pendant ses neuf années de bail.

Le droit de péage ou vinage

Depuis 1363, le seigneur de Walincourt, Clary et Selvigny reçoit un droit de péage ou « vinage » : tout utilisateur des routes doit verser un droit au seigneur local qui en contrepartie est chargé de l’entretien des routes et des ponts.

En 1724, le roi Louis XV manifeste le souhait d’examiner les titres des propriétaires de droits de péages sur toute l’étendue du Royaume.

A l’époque, c’est Guillaume de Melun, Marquis de Risbourg, qui doit  justifier de ses droits sur les terres de Walincourt, Clary.

Les documents fournis furent jugés insuffisants et l’arrêt suivant fut rendu à Versailles le 20 septembre 1759 ( la lenteur de la justice n’est pas un phénomène nouveau ):

« Le Roy étant en son Conseil, conformément à l’avis des sieurs Commissaires,… ordonne… : A compter de ce jour, le Sieur de Risbourg sera tenu de rapporter les pancartes suivant lesquelles étaient perçus avant 1569 : les droits de vinage ou péages à Walincourt, Clary et Selvigny ; celles suivant lesquelles les droits sont actuellement perçus… Et cet arrêt est complété par une interdiction … « Sa Majesté fait expresses inhibitions et défenses au Sieur de Rizbourg de percevoir aucun droit de péage, sous quelque dénomination que ce soit, sur les bleds, grains, farines et légumes verds ou secs passants par les lieux de Walincourt, Clary et Selvigny. Sommé de prouver l’authenticité de ses droits et ne trouvant pas dans les archives du Château de Walincourt d’autres preuves, le Marquis de la Woestine qui a succédé au Marquis de Risbourg fait établir le 21 décembre 1759 un certificat par le Mayeur et les Échevins de Walincourt. Ces derniers attestent que « ….les seigneurs de Walincourt ont toujours perçu…le droit de vinage de la façon qu’il se perçoit actuellement sur tous les chariots et charrettes de passage, chargés de différentes marchandises: un chariot chargé de bois : 1 patard, un chariot chargé de vin: 8 patards, un chariot chargé de meules à moudre: 8 patards, tous autres chariots chargés de marchandises telles que drap, toiles,étoffes: 8 patards….

Les témoins confirment : qu’ils n’ont  jamais ouï dire que la perception dudit droit ait,  en aucun temps, été contredite ni altérée… ».

Trois ans plus tard, en Juin 1762, lassé sans doute de la lenteur de l’administration royale, François Maximilien de la Woestine fait à nouveau écrire au Roi par son avocat. Il « remontre » au Roi que…les seigneurs de Walincourt se sont toujours faits une loi d’entretenir à leurs frais les chemins qui conduisent aux villes voisines (Cambrai, Le Catelet, Guise, Le Cateau et Saint-Quentin) et les chemins de traverse. En 1760, le Marquis de la Woestine a fait construire trois grands ponts de briques pour l’écoulement des eaux sur le principal chemin qui conduit de la ville de Cambrai à Bohain et à Guise  et il conclut: « L’entretien des chemins est considéré comme la condition sacrée sous laquelle il possède le péage …Les particuliers tirent profit de ces chemins bien entretenus, pour leur commerce; et Sa Majesté même, pour le transport des fers de fonte que l’on tire des fourneaux… » 

La décision favorable au Seigneur de la Woestine est prise le 9 mars 1772 à Versailles. Mais le tarif du péage est simplifié:

 » Le Roi étant en son Conseil…a maintenu et maintient le Seigneur de la Woestine dans la possession et jouissance d’un droit de Péage ou Vinage aux lieux de Walincourt et Clary …pour le percevoir auxdits lieux suivant le tarif cy-après: par charette chargée de denrées et marchandises autres que bleds, grains, farines et légumes verds ou secs; deux sols six deniers tournois, par cheval ou autres beste de somme : un sol trois deniers tournois« … Sa Majesté « enjoint » le Marquis de Walincourt d’entretenir à l’avenir en bon état les ponts et chemins dans l’étendue de sa seigneurie, d’acquitter les autres charges dont il peut être tenu pour raison dudit droit, et de se conformer pour la perception du péage aux règlements en usage….

La décision royale est notifiée en mai 1772 au fils du Marquis de la Woestine, puisque le « suppliant » de Sa Majesté est décédé en 1763 ; et le tarif à appliquer désormais est affiché à la porte de l’Eglise de Clary.

Le dernier seigneur de Walincourt-Clary-Selvigny porte les mêmes prénoms et mêmes titres que son père :François-Maximilien-Antoine de la Woestine, Marquis de Becelaer. Il connaîtra un destin tragique à l’époque de la Terreur.

Les privilèges de certains villages.

Le chemin de Troisvilles à Reumont et le moulin de pierres

Certains villages jouissaient d’exemptions rendant les relations difficiles entre villageois.

En voici un exemple:

Nous sommes en 1747 à Troisvilles. Tous les dimanches et jours de fête, on voit de nombreux habitants de Troisvilles partir en direction de Reumont et de Maurois pour se promener mais surtout pour boire la bière à meilleur compte. En effet, il y avait souvent de l’arbitraire dans la répartition et la manière de percevoir les diverses impositions. C’est ainsi que  Reumont et Maurois jouissaient du privilège d’exemption d’impôts sur la bière qui était vendue beaucoup moins chère qu’à Troisvilles, où il existait un impôt considérable sur cette boisson.

Une pétition fut envoyée aux députés des États de Cambrai, en vue d’améliorer cet état de chose:

« Les Mayeurs et gens de loy du village de Troisvilles,… font offre à Messeígneurs des Etats de Cambray et du Cambrésis pour l’abonnement des impôts sur la bière qui se consommera dans leur paroisse de la somme de quatre cent dix florins qu’ils promettent et s’obligent  de païer à mesdíts seigneurs des Etats par chaque année, à commencer au  1er Aoust prochain et ce pour trois années . « Nota. – Si Nos seigneurs des Etats veulent empêcher d’aller boire à Reumont et Morois, éloignez de Troisvilles d’un quart de lieue, nous trouverons le moyen d’augmenter la malletóte de 50 florins. « ll faut faire attention que la bière à Reumont et Maurois vaut un tiers moins qu’à Troisvilles. « Fait audit Troisvilles le 5 juillet 1747… « J. G. Héloir, lieutenant. – Anthoine Taisno. – Simon Oblin. – G. Maronnier. – François Lenglé. -Anselme Masoaut. – Léon Boitteau. ››

A noter que l’un des signataires de cette pétition s’appelait François Lenglé. Nous ignorons si la pétition obtint les résultats escomptés mais elle nous apporte un bel exemple d’inégalité devant l’impôt.

Les excès de l’Église.

La dîme :

« Faut espérer que l’jeu là finira bientôt »
L’Église et la Monarchie sur le dos du paysan

Revenons au 7 juin 1654, Louis XIV, venant d’être sacré Roi de France à Reims, prononce son discours d’investiture qui commence par cette phrase: « Je jure devant Dieu de maintenir les privilèges de l’Église…»

La toute puissante église abusera de cet engagement au détriment du monde paysan tout au long du XVIIe siècle. Ainsi, depuis le Moyen Age, l’église recevait la dîme destinée à subvenir aux frais du culte, à l’entretien des églises, au financement des missions sociales dont  elle était investie : l’éducation et l’assistance publique. La dîme était constituée par le dixième de toutes les récoltes de chaque paysan; par exemple, pour les blés c’était  la onzième gerbe qui était prélevée sur le champ  puis transportée dans la « Grange aux Dîmes ». Cet impôt était un véritable  fléau économique parce qu’il était supporté par le seul paysan et contribuait  à lui retirer la majeure partie de son revenu, lui interdisant toute amélioration de l’exploitation foncière.

La personne chargée de prélever la dîme était dénommée le décimateur ; ce n’était pas le curé de la paroisse mais  le « haut clergé », le plus haut placé dans la hiérarchie catholique qui jouait ce rôle. A Clary, le décimateur était donc  l’Abbaye de Honnecourt elle-même rattachée à l’Évêché de Cambrai. Le curé de Clary au contact avec les paroissiens faisait partie du « bas clergé » et ne touchait qu’une petite partie de la dîme, la « portion congrue« , le reste revenant au gros décimateur(abbaye, évêché…) (A noter que aujourd’hui, la portion congrue est interprétée comme très petite part alors que à l’origine , congrue était synonyme de convenable, suffisant )

Henri de Montigny  raconte : En 1701, le Sieur de Neufchelles abbé de l’Abbaye de Honnecourt « ne fut point exact » à payer la portion congrue due au Sieur Lejeune, Curé de Clary et pas davantage à faire les réparations nécessaires au presbytère. Aussi le sieur Lejeune fit saisir le produit de la dîme, pour forcer le sieur de Neufchelles a acquitter ses obligations. Cette saisie donna lieu à une contestation portée devant la Cour. Les demandes du Sieur Lejeune n’étant pas contestables, l’Abbé de l’Abbaye de Honnecourt « qui n’était  occupé que de ses propres intérêts » proposa d’abandonner au Curé toutes les dîmes de la Paroisse de Clary sous la condition de demeurer quitte et déchargé des réparations du presbytère, du paiement de la portion congrue « et généralement de tout ce à quoi les dîmes pouvait être affectées ».

 En conséquence le 17 juillet 1702, un arrêt de la Cour rappela les offres de l’Abbé de Neufchelles, l’acceptation du Sieur Lejeune, et prononça la mainlevée de la saisie. Le décimateur, l’Abbé d’Honnecourt, avait donc abandonné la gestion des dîmes de Clary au profit de son Curé.

L’Abbé bénéficiaire d’Honnecourt décéda le 1er avril 1713. La régie et l’administration des biens de l’Abbaye furent confiées à son prieur Don Pierre Delbek. Ce dernier, ne fut pas longtemps à savoir que « l’abandon fait par l’Abbé de Neufchelles des dîmes de Clary était onéreux à l’Abbaye » (ce qui postule de leur importance).

Par la suite, l’Abbaye ne va cesser de contester  « La cession faite en 1702 au Curé de Clary de la dîme et des héritages de cette paroisse, dont la propriété appartenant à l’Abbaye, était personnelle à l’Abbé de Neufchelles, elle ne concernait que le temps de sa jouissance et ne pouvait s’étendre plus loin ». Les procès vont se succéder pendant près d’un siècle  mais l’Abbaye d’Honnecourt n’obtiendra cependant pas gain de cause puisque qu’en mars 1790, le Curé Delannoy « occupe » toujours la dîme de Clary ce qui provoque un nouveau procès devant l’Official de Cambrai.

La révolution viendra interrompre cet interminable litige et surtout remettre en cause l’existence de la dîme.

Mais cet impôt marqua longtemps la mémoire du monde rural. Voici ce qu’écrira le curé de Troisvilles deux siècles plus tard : « Les ignorants et les ennemis de la religion ont beaucoup parlé contre la dîme. Il est bon de rappeler les charges qui incombaient aux décimateurs….. »

Le placement dans les églises :

Le 27 décembre 1747, un placard est affiché à l’entrée de l’église de Clary.

Église de Clary autrefois

Voici les principaux extraits de ce document :

<p class="has-background" style="background-color:#f2f0ea;font-size:17px;line-height:1" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">"On va procéder au passement  des bans et places de la nef de ladite église, …le jour cÿ-dessus après les vëspres aussitost le signal donné par le son de la cloche, au plus offrant et enchérisseur …<strong>primo</strong>, chaque adjudicataire sera tenu de paier trois florins au dessus de son adjudication….. …<strong>secundo</strong>, chaque adjudicataire sera tenus de paier les trois florins et le prix de son adjudication entre les mains du Sr curé…en dedans le treize de janvier prochain… ….<strong>tertio</strong>, après la mort des preneurs, leurs bans et places apartiendront à leurs héritiers ab intestats a charge de six patars à l'église….. …..<strong>quarto</strong>, les bans devenus indécens, les occupeurs seront tenus d'en faire d'autres à leurs frais aussitost ……commandement à eux fait par messieurs les administrateurs , sans quoÿ ils seront au profit de l'église. ….Enfin, on ne pourra faire remont moins de cinq patars à la fois".« On va procéder au passement  des bans et places de la nef de ladite église, …le jour cÿ-dessus après les vëspres aussitost le signal donné par le son de la cloche, au plus offrant et enchérisseur …primo, chaque adjudicataire sera tenu de paier trois florins au dessus de son adjudication….. …secundo, chaque adjudicataire sera tenus de paier les trois florins et le prix de son adjudication entre les mains du Sr curé…en dedans le treize de janvier prochain… ….tertio, après la mort des preneurs, leurs bans et places apartiendront à leurs héritiers ab intestats a charge de six patars à l’église….. …..quarto, les bans devenus indécens, les occupeurs seront tenus d’en faire d’autres à leurs frais aussitost ……commandement à eux fait par messieurs les administrateurs , sans quoÿ ils seront au profit de l’église. ….Enfin, on ne pourra faire remont moins de cinq patars à la fois ».

La place de chaque paroissien dans l’église était donc vendue aux enchères.

Henri de Montigny nous raconte comment ce 27 décembre, se déroulèrent les enchères: «  le curé, le prévôt et les échevins attribuent d’abord les bancs de la balustrade, côté de l’épître et côté de l’évangile, puis les places du banc mobile, en bas de la balustrade. Leur prix varie de 16 à 7 florins…. Les autres places sont ensuite mises en adjudication, depuis la place du milieu du 1er pilier de la nef, côté de l’évangile (15 florins) jusqu’à la 17e place cédée 4 florins. 107 places sont ainsi adjugées aux hommes, premiers servis…Ce sont ensuite les bancs des femmes qui sont attribués… Le Curé de Clary se réserve la première place du premier de ces bancs ….Les 2e et 3e sont pour le sieur Pierre Milot, prévôt de Clary, pour ses filles Marie-Reine et Constantine. Il verse 48 florins 15 patars. 36 places seulement sont attribuées aux femmes, mais sans que ces places soient séparées de celles des hommes et groupées d’un seul côté d’une nef centrale. Leur prix varie de 28 florins à 4 florins…. Il semble qu’il y ait deux chantres, car l’adjudication de deux tabourets à Pierre Toussaint Milot et Michel Bourlet, pour 5 florins chacun, est assortie d’une condition précise: à charge qu’ils ne pourront les vendre à leurs héritiers « sinon qu’ils ne sachent leur chant. En défaut de chant, les places seront passées au plus offrant  et dernier enchérisseur et la motier du prix appartiendra au héritier de l’occupeur  défunct »….

On remarque d’abord que les enchères sont menées conjointement par le curé, le prévôt et les échevins. Rappelons-nous que, à la fin de l’Ancien Régime, l’église paroissiale est plus qu’un lieu de culte. Elle est aussi le lieu de rassemblement unique de la communauté des habitants : lieu des délibérations et de diffusion de l’information. Les places attribuées sont nominatives et les enchères sont plutôt orientées car, il est souhaitable que les notables du village se retrouvent en bonne place.

Les enchères représentaient t’elles un coût important ?  La seule correspondance que nous avons trouvée est qu’à la fin du XVIIIe siècle, le paysan achetait avec 1 florin, 5 mètres carrés de terre cultivable.

185 places ont été vendues aux enchères, elles ont rapporté en moyenne 10 florins par place. L’église a donc récolté 1850 florins, quand on compare cette somme à l’amende de 1000 florins pour « assemblée tumultueuse » dans le cadre de l’affaire du moulin banal, on voit là qu’il s’agit d’une petite fortune.

Pour conclure, notons que la famille « Lenglet » n’est pas désignée dans ce compte rendu, aucun Lenglet ne figurait donc parmi les notables du village.

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