A la recherche de nos lointains ancêtres, acteurs et témoins de notre histoire de France.

Chacun d’entre nous a un père et une mère biologiques, deux grands pères et deux grands-mères, huit arrière grands parents et ainsi de suite… Il semble donc très facile de connaître le nombre de nos ancêtres en fonction de la génération considérée : il double à chaque génération.

Combien d’ancêtres avons-nous ?

La personne vivant actuellement et constituant le point de départ de l’étude généalogique, sera le « de cujus »(1) comme l’appelle les généalogistes, la génération de ses parents  sera désignée par le symbole G1 et le nombre d’ascendants sera le résultat de l’équation « 2 puissance 1=2 », puis celle de ses grands parents G2 sera le résultat de l’équation « 2 puissance 2=4 » et ainsi de suite.

Arbre généalogique de François Marie LENGLET

Si nous admettons qu’une génération se renouvelle à peu près tous les 30 ans, pour un « de cujus » né en 2010, on obtient les résultats suivants : il a eu

1 024 ascendants à G 10 en 1710 au temps de Louis XIV

131 000 ascendants  à G 17 en 1500 au temps de François 1er

1 099 milliards (!)ascendants à G 40 en 810 au temps de Charlemagne Empereur.

On voit donc que le généalogiste se retrouve très vite devant un réel cauchemar. D’une part, comment retrouver et gérer autant d’ancêtres ?, et, d’autre part, les 1099 milliards d’ascendants en 810 au temps de Charlemagne alors que la France n’avait pas plus de 8,8 millions d’habitants montrent que l’équation 2 puissance G… se révèle inexacte, voire absurde,  pour déterminer le nombre de nos ancêtres lointains.

Nous descendons tous de Charlemagne ?

En réalité, les mariages consanguins réduisent considérablement le nombre de nos aïeux réels. Ces unions entre parents sont nombreuses dans toutes les généalogies. La même famille d’ancêtre revient plusieurs fois, souvent à des générations différentes. Cela réduit d’autant le nombre de branches d’un arbre généalogique. On appelle cela des implexes.

A titre d’exemple, l’exercice a été réalisé pour Saint Louis : il descend 500 fois de  Charlemagne alors que 12 générations les séparent.

N’oublions pas que, jusqu’au début du XXème siècle, nombre de nos ancêtres étaient paysans, vivaient dans des petits villages de 1000 habitants, ne sortaient guère de ce village ni de leur milieu d’origine pendant toute leur vie et allaient chercher leur épouse dans leur milieu et dans leur village et, surtout, il n’était pas question d’aller la chercher dans le village voisin. Naturellement, le nombre d’implexes était élevé.

Charlemagne

Enfin l’histoire vient parfois perturber ce processus. A titre d’exemple revenons vers 1789, au temps de la révolution, un prévôt royal ruiné par la Révolution laisse un paysan épouser sa fille. Vérification faite, le prévôt avait lui-même épousé vers 1770 une jeune fille issue de riches propriétaires terriens dont la mère était elle-même de la petite noblesse provinciale.
De fil en aiguille, rien n’empêche un humble paysan de descendre de la noblesse provinciale voir de la noblesse de cour.

Alors, descendons-nous de Charlemagne ? La revue Nos ancêtres et nous estimait en 1986 que « depuis au moins cinq générations, tout français de souche descend de l’empereur à la barbe fleurie ».

A la recherche des lointains ancêtres de notre famille portant le patronyme « Lenglet ».

La recherche généalogique doit surtout nous permettre d’essayer de reconstituer  l’histoire de notre famille et de retrouver comment nos ancêtres ont été acteurs ou témoins de la grande histoire de France.

Voici quelques points clefs que j’ai pu extraire de notre arbre généalogique à ce jour.

mulquinier dans sa cave

Le plus lointain ancêtre que nous avons trouvé avec certitude, s’appelait Jean Joseph Lenglet, il est né en 1769 dans un village du Cambrésis, à Clary, où il est décédé en 1854. Il a donc passé sa jeunesse dans un monde féodal, a connu successivement : la révolution, la terreur, le directoire, l’épopée du Premier Empire et de Napoléon 1er, puis le retour de la royauté et la république : Louis XVIII, Louis Philippe, Charles X. Il finira ses jours au temps de Napoléon III sous le Second Empire. Nous verrons que, même s’il est resté toute sa vie dans la même région, l’histoire de France est venue jusqu’à lui à plusieurs reprises.

Jean Joseph Lenglet exerçait le métier de mulquinier, ceci nous permettra en suivant son parcours professionnel puis celui de ses enfants de découvrir l’histoire de l’industrie textile dans le Cambrésis pendant plus de deux siècles.

Son petit fils Jean François Lenglet  nous permettra de raconter comment au XVIIIème siècle les enfants abandonnés dans les hôpitaux  parisiens était adoptés et se retrouvaient dans la campagne française.

Puis nous aborderons mes souvenirs d’enfance et les papiers de famille.

Le plus lointain souvenir vient de mon père qui disait  dans les années 1950 : « un de mes ancêtres, qu’on appelait Papa Godard, faisait partie des troupes de Napoléon et a fait la retraite de Russie », (à ce jour, je n’en sais pas plus).

Il y a cette photo de 1934, la photo de mariage de mes parents François Lenglet et Gisèle Toussaint,  qui va nous conduire à explorer les incontournables secrets de famille et tenter de répondre aux questions suivantes:

1934 Mariage de François LENGLET et Gisèle TOUSSAINT

Pourquoi la mère de mon père Marie Mélanie Langrand  pourtant vivante en 1934 n’est pas sur la photo et n’a pas participé au mariage de son fils ?

Pourquoi je n’ai jamais rencontré ni entendu parler de Joseph Rousseau qui fut le second mari de ma grand-mère maternelle ? Pourtant, il a pris en charge ma mère en 1919 alors qu’elle n’avait que six ans et a assuré son éducation. Il a passé toute sa vie dans le Cambrésis où nous allions si souvent et est mort en 1965 alors que j’avais vingt ans.

Mai 1940 notes du Lieutenant François Lenglet

Il restera à explorer les écrits de mon père François Lenglet pendant la seconde guerre mondiale : officier d’artillerie, il fut rappelé par l’armée française dès mai 1940. Il a écrit au jour le jour ses errances pendant la drôle de guerre puis, fait prisonnier en septembre 1940, il passa cinq ans dans les camps de prisonniers allemands, les Oflags réservés aux officiers, en particulier à Nuremberg, et nous a laissé ses carnets de notes.

François Marie Lenglet  Juin 2020

Notes: – 1 « de cujus » : vient d’une expression latine. Utilisée par les notaires dans les testaments pour désigner le donateur et éviter d’utiliser  le terme « futur défunt »

Sources :

– The conversation.com  expertise universitaire, exigence journalistique

https://www.notretemps.com  06/2009

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